Résultats des financements 2014

Six bourses doctorales ont été allouées en 2014 :

Étudier et débattre des pathologies environnementales autour des sites industriels : une étude comparée du nucléaire et de la pétrochimie.

Directeurs de thèse : Soraya Boudia & Jean-Paul Gaudillière
Laboratoire d’accueil : CERMES3
Axe thématique de recherche : 1 – Innovation et société / 3 – La gouvernance globale. Les échelles de gouvernement par la science

Candidat : Laura Barbier, diplômée d’un Master 2 « Histoire des sciences, technologies, sociétés » au Centre Alexandre Koyré de l’EHESS (Année universitaire 2013-2014)

Durée du financement : 3 ans

Présentation de la recherche : L’objectif de cette thèse est d’?étudier la persistance de controverses sur une surincidence de pathologies environnementales autour de sites industriels. L’analyse, ?à partir de la comparaison de deux cas emblé?matiques, le site nucl?aire de La Hague et celui de Fos-sur-Mer pour la pé?trochimie, cherchera ?à caracté?riser diff?érents ?éléments qui contribuent à? la ré?currence de dé?bats parfois très conflictuels sur les effets des pollutions et rejets industriels sur les riverains. La thèse s’inté?ressera aussi bien aux modalit?és de production de savoirs et d’ignorances sur ces pathologies qu’à? l’encastrement de ces d?ébats dans un écosystème socio-?conomique local souvent complexe dont la sant?é n’est qu’un paramètre ?à cô?té? d’autres comme le dé?veloppement local et l’emploi. Ainsi, notre projet est en convenance avec le deuxième axe thé?matique “Transformation des ré?gimes et institutions de production de connaissances” de l’allocation en tant qu’il traite des enjeux ?conomiques, sociaux et politiques li?és à? la mobilisation des connaissances scientifiques qui s’expriment ?à travers les controverses sur les effets sanitaires des activité?s industrielles.

 

L’accès à l’information en matière d’expertise sanitaire et environnementale : le cas des OGM, des médicaments et des substances chimiques.

Directeur de thèse : Christine Noiville
Laboratoire d’accueil : CRDST
Axe thématique de recherche : 2 – Transformation des régimes et institutions de production de connaissances

Candidat : Tristan Berger, diplômé d’un Master 2 Sciences Sociales et Médecine, UJM, Saint-Étienne et d’un Master 2 – Sciences Politiques AlterEurope, cohabilité par l’ENS, I’IEP et l’UJM (Année universitaire 2014-2015)

Durée du financement : 3 ans

Présentation de la recherche : Le projet porte sur la question de l’accès à la connaissance dans des champs où les savoirs sont controversés. Dans les sociétés occidentales où l’information est synonyme de pouvoir, aborder le droit à l’information sanitaire et environnementale pour les médicaments, les OGM et les substances chimiques revient à analyser le rôle du citoyen et de la société civile dans les régimes de production des savoirs et dans les processus de fabrication des décisions publiques.

 

Vers une procréation future ? La pratique de la cryopréservation d’ovocytes chez les femmes françaises dans un contexte de mondialisation.

Directeur de thèse : Philippe Steiner
Laboratoire d’accueil : Groupe d’Etudes des Méthodes de l’Analyse Sociologique de la Sorbonne (GEMASS)
Axe thématique de recherche : 1 – Innovation et société

Candidat : Wei-Yi Chien, diplômée d’un Master 2 recherche de sociologie, parcours : « Action, Normes, Economie et Politique », à l’université Paris IV-Sorbonne (Année universitaire 2013-2014)

Durée du financement : 3 ans

Présentation de la recherche : Grâce au progrès de la cryopréservation d’ovocytes (CO), préserver les ovocytes en vue d’une procréation future est désormais envisageable. Reconnue par la plupart des pays européens, la technique de la CO est à l’heure actuelle interdite en France, sauf dans le cas d’une pratique thérapeutique. Le débat émerge dans la société française à partir de 2010. Il s’agit d’une question de santé publique fondée sur des normes et des représentations sociales, ce qui soulève des enjeux politiques et économiques pour la société, des enjeux sociaux et éthiques pour des femmes qui cherchent à combattre l’infertilité future. À travers l’étude des raisons et des actions des femmes françaises qui revendiquent leur droit à préserver leur capital reproductif à l’étranger, cette thèse a pour objectif de montrer, dans un contexte de mondialisation qui atténue les contraintes législatives nationales, la manière dont l’efficacité d’une même technique de CO est construite en France et émerge dans la vie de certaines femmes françaises.

 

La dimension culturelle de l’innovation sociale

Directeurs de thèse : Jean-Louis Laville
Laboratoire d’accueil : Laboratoire interdisciplinaire de sociologie économique
Axe thématique de recherche : 1 – Innovation et société

Candidat : Maïté Juan, diplômée d’un Master 2 d’Études politiques à l’EHESS (Année universitaire 2012-2013)

Durée du financement : 3 ans

Présentation de la recherche : Les relations entre culture et innovation sociale, et plus particulièrement la dimension culturelle de l’innovation sociale, restent un domaine peu étudié. A travers l’innovation sociale, il s’agit de construire des sociétés dynamiques et créatives où la collectivité participe aux processus innovateurs afin de dépasser les fractures sociales et les diverses formes de précarité.
Notre investigation vise a comprendre comment les innovations culturelles, émergeant de la société civile, participent de la création de nouvelles structures sociales et de nouveaux rapports sociaux émanant d’une volonté populaire et d’un tissu micro-social. Comment la société civile, à travers l’action culturelle vectrice d’innovation sociale, peut-elle participer à (re)créer du lien social ? Comment la culture et l’art peuvent-ils s’associer à l’action sociale ? Telles sont les questions au cœur de cette recherche.

 

 

Les promesses des sciences de la complexité. Sociologie pragmatique de l’Institut des Systèmes Complexes – Paris Île de France et du Santa Fe Institute (USA)

Directeurs de thèse : Francis Chateauraynaud
Laboratoire d’accueil : GSPR
Axe thématique de recherche : 3 – La gouvernance globale – Les échelles de gouvernement par la science

Candidat : Guido Fabrizio Li Vigni, diplômé d’un Master en Sociologie générale à l’École des Hautes Eudes en Sciences Sociales (Année universitaire 2013-2014)

Durée du financement : 3 ans

Présentation de la recherche : Au cours des dernières années, les sciences de la complexité ou des systèmes complexes ont profité d’une expansion remarquable. En France, les centres spécialisés qui les hébergent ont en effet reçu des financements de plus en plus importants. La Région Île-de-France considère ainsi ce champ de recherche comme un Domaine d’Intérêt Majeur. On attend de ce DIM outre des connaissances nouvelles, des outils pour exercer une meilleure gestion de la société, des systèmes économiques, de l’environnement, et permettant d’obtenir un système sanitaire, une agriculture et une école plus efficaces.

Les outils, approches et pratiques de cet ensemble de disciplines sont en constante redéfinition. En France deux traditions – entendues d’un point de vue conceptuel et social – utilisent le même chapeau de « complexité » tout en étant en compétition : l’une se veut héritière de la systémique de Ludwig von Bertalanffy et de la cybernétique de Norbert Wiener des années 40, et l’autre de la tradition des systèmes dynamiques, qui remonte à Henri Poincaré (1854-1912).

Dans notre thèse, nous voudrions d’abord éclairer du point de vue sociohistorique le panorama français des théories de la complexité, pour ensuite comprendre les raisons de l’affirmation de la deuxième tradition sur la première. Après avoir décrit les cultures épistémiques de chaque tradition pour en dégager les spécificités, nous voudrions comprendre la portée culturelle et politique du développement des activités de simulation et de scénarisation du futur autour des changements globaux. Nous voudrions ainsi enquêter sur les promesses de l’ISC, aussi bien que sur la manière dont le niveau conceptuel y est implémenté dans des dispositifs numériques et sociopolitiques, en comparant ce centre avec son ancêtre américain, le SFI. Nous voudrions nous concentrer sur ces institutions pour éviter de suivre un concept, celui de complexité, qui circule de façon banalisée. En suivant trois projets en cours à l’ISC et trois au SFI, nous voudrions ainsi pouvoir faire une sociologie pragmatique des sciences de la complexité, pour en analyser les promesses, l’implémentation numérique et leurs résultats concrets.

 

 

Étude sociale des dynamiques de production et de diffusion des savoirs dans les transitions agro-écologiques

Directeurs de thèse : Marc Barbier
Laboratoire d’accueil : UR SenS (Sciences en Société) de l’INRA
Axe thématique de recherche : 2 – Transformation des régimes et institutions de production de connaissances

Candidat : Jessica Tomas, diplômée d’un Master 2 « International Development » (programme bilingue) au sein de la Paris School of International Affairs (PSIA) de Sciences Po. Spécialités : Droits de l’homme et Environnement (Année universitaire 2013-2014)

Durée du financement : 3 ans

Présentation de la recherche : Ce projet propose d’étudier la manière dont l’action et la recherche publique interagissent pour modifier la manière dont le savoir est construit en sollicitant de nouveaux acteurs et de nouveaux processus de soutien à l’innovation. Les mécanismes de transformation de la recherche agronomique seront étudiés, et le questionnement de ce travail portera principalement sur l’intégration des membres de la profession dans les processus de recherche en faveur de l’agro-écologie. L’enjeu serait d’analyser dans quelle mesure une transformation des processus d’expérimentation, pour la création et la diffusion des savoirs, s’opère avec la réorientation des objectifs scientifiques de la recherche et la nouvelle intégration affichée des agriculteurs.