Actualité

Helen Etchanchu – Doctorante allocataire depuis 2013

Présentation de la recherche :

La gouvernance globale des relations entreprises-parties prenantes : les rôles de la légitimité et des relations de pouvoir dans la négociation de l’exploitation du gaz de schiste

Deux champs empiriques assez différents seront explorés. D’une part les négociations en Europe et dans plusieurs pays Européens autour de l’exploitation du gaz de schiste. D’autre part les nouvelles formes de politique paternaliste dans le monde de l’entreprise globale d’aujourd’hui.

Ce projet de recherche s’inscrira dans le courant théorique néo-institutionnaliste et contribuera à l’évolution en cours de ce courant théorique vers l’intégration des dynamiques de gouvernance transnationale. La méthodologie sera avant tout qualitative, mais pourra aussi être complétée avec des analyses quantitatives. Une palette de méthodes assez large sera utilisée: analyse historique et comparative, analyse de contenu et de réseau, entretiens semi-directifs, observation participante le cas échéant.

Les deux champs empiriques explorés sont d’une grande actualité et d’une importance de tout premier ordre dans les débats contemporains. Les négociations autour du gaz de schiste ont de nombreuses implications – en termes d’orientation des politiques énergétiques, de développement et de croissance mais aussi de gestion des risques et des défis environnementaux. Ce qui se joue, par ailleurs, dans le retour des politiques paternalistes dans les firmes globales est le transfert partiel d’une partie des responsabilités et des prérogatives de l’état providence vers le secteur privé. Là aussi, les implications sont tout à fait significatives puisque cette transformation révèle une forme de ”privatisation” de la politique sociale. La question de la légitimité et des relations de pouvoir dans le contexte des négociations entre firmes et parties prenantes (stakeholders), que ce soit pour ce qui est de l’exploitation du gaz de schiste ou pour ce qui est de l’évolution de la politique sociale, est primordiale dans la mesure où les décisions prises auront un impact extrêmement structurants sur l’évolution de nos économies et de nos sociétés.

Directrice de thèse : Marie-Laure Djelic
Laboratoire d’accueil : ESSEC

Contact : helen.etchanchu[at]essec.edu

Benoît Dauguet, doctorant allocataire depuis 2013

Présentation de la recherche:

 La compensation écologique, étude de la mise en place d’un dispositif libéral dans le cadre des politiques environnementales contemporaines

Le projet vise à étudier le fonctionnement de la compensation écologique. Pour cela il s’appuie dans un premier volet , très épistémologique, sur la philosophie de Foucault et sa notion de dispositif. Il se propose s’étudier les différents types de dispositifs de compensation écologique – par la demande, par l’offre, par mitigation – et les articulations entre eux. Il s’intéresse plus particulièrement aux nouveaux savoirs environnementaux qui sont développés dans ce contexte, mais ne négligera pas – Christophe Bonneuil, un des encadrants ce travail, y veillera – les usages que les acteurs peuvent faire de ces connaissances.

Directrice de thèse : Dominique Pestre & Christophe Bonneuil
Laboratoire d’accueil : Centre Alexandre Koyré (CAK)

Contact : benoit.dauguet[at]orange.fr

Matthieu Baudrin – Doctorant allocataire depuis 2013

Présentation de la recherche : 

Construire et maintenir un marché de masse pour un objet de consommation risqué (1941-2013)

En un demi siècle, la bombe aérosol, une technologie militaire considérée à la fois comme dangereuse et luxueuse, est devenue un objet de consommation de masse. Son usage entre désormais dans des pratiques industrielles et domestiques stabilisées. L’aérosol est un objet technique composite simple : un gaz propulseur, une formule, un boîtier, une valve et une étiquette. Ces cinq éléments se combinent, créant ainsi la diversité des aérosols à usage industriel ou domestique. Cette simplicité apparente en fait un cas d’étude exemplaire. Au travers de son caractère hybride « d’emballage-packaging technique », l’aérosol met en relation des ensembles d’acteurs qui varient selon que l’on s’intéresse au contenu ou au contenant.
La thèse vise à mieux comprendre comment une industrie complexe et distribuée se reconfigure, s’organise et se maintient, au fil d’une succession de controverses entourant l’objet de sa production. L’approche consiste à étudier, à partir de matériaux historiques et ethnographiques, les controverses sanitaires et environnementales que cette technologie de grande consommation a traversées entre 1950 et aujourd’hui (notamment autour des CFC). Le principal enjeu de cette recherche est de contribuer à l’analyse des intermédiaires marchands, avec l’ambition d’apporter un éclairage inédit sur les modes de régulation et les formes lobbying propres aux marchés de masse.

Directeur de thèse : David Pontille
Laboratoire d’accueil : Centre de Sociologie de l’Innovation (CSI)

Contact: mathieu.baudrin[at]mines-paristech.fr

Conférence annuelle 2013

DIM-logos-FR-2

La dernière conférence annuelle du DIM IS2-IT s’est tenue les 18 et 19 avril 2013, sur le thème L’irrésistible ascension du capitalisme académique ?

Elle a été accueillie par le Conseil Régional d’Ile-de-France, en salle Delouvrier (35, boulevard des Invalides, 75007 Paris).

Présentation

Quelques mois après les Assises de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, ce Colloque avait pour objectif de réunir chercheurs en sciences sociales, acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche et citoyens concernés pour débattre sur les enjeux des transformations structurelles qui sont en cours.

Création d’un marché de la connaissance et de l’enseignement, règne de l’excellence, précarisation des carrières, pilotage par les projets, emprise des méthodes managériales, remise en cause de l’autonomie professionnelle,… Ces thèmes font l’objet de débats récurrents et sont aujourd’hui associés à des réformes qui ont provoqué des mobilisations sans précédent.

Sur tous ces sujets, et sur la nature et la portée des transformations actuelles, que peuvent nous apprendre les recherches en sciences sociales ? Quels sont les enseignements des approches historiques ? Que peut-on apprendre de l’analyse des transformations du système académique dans d’autres pays ?

Plus fondamentalement, quels sont les enjeux de ces transformations ? Comment définir les valeurs « publiques » de la science et de l’enseignement supérieur ?

Prenant au sérieux ces transformations contemporaines, ce colloque a permis de discuter la pertinence de la notion telles le « capitalisme académique » et leur capacité à éclairer de telles transformations. Certes, le tournant néo-libéral et la nouvelle économie de la connaissance ont conduit à positionner la contribution à la compétitivité économique parmi les objectifs prioritaires du système d’enseignement et de recherche. D’où le développement des brevets, y compris sur des connaissances de base, accompagné par diverses politiques visant à rapprocher recherche et industrie. Mais en même temps, l’enseignement supérieur s’est massifié, entraînant des changements dans le statut des enseignants-chercheurs, de nouveaux équilibres entre les disciplines et de nouvelles formes de stratification. Parallèlement, le monde académique a connu les transformations d’ensemble du système capitaliste, marquées par la montée du management, de la performance et de la flexibilité ainsi celles des nouveaux impératifs des systèmes démocratiques contemporains, audit, transparence, responsabilité.

Au total, les forces qui travaillent ce système sont diverses et ne pointent pas forcément dans la même direction. Il faut aussi compter sur la capacité d’adaptation des acteurs et la façon dont ils peuvent intégrer de nouvelles contraintes dans leurs jeux. Ainsi, l’expression « capitalisme académique » doit plutôt être prise comme un point de départ pour analyser les transformations contemporaines plutôt que comme une réalité uniforme.

Dans ce sens, ce colloque s’est organisé autour de quatre grands axes de questionnement :

1/ la construction des marchés de la connaissance
2/ les formes de gouvernance de la recherche et de l’enseignement supérieur
3/ les formes de valuation et d’évaluation des organisations, des activités et des production de la recherche et de l’enseignement supérieur
4/ les transformations de l’espace public de la recherche et le renouvellement du pacte entre science et société

 

Comité scientifique

Marc Barbier, Rémi Barré, Christophe Bonneuil, Olivier Borraz, Maurice Cassier, Ulrike Felt, Pierre-Benoit Joly, Morgan Jouvenet, Stéphanie Lacour, Antoine Latreille, Brice Laurent, Dominique Vinck

 

Voir le Programme de la conférence annuelle du DIM IS2-IT

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