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DIM Journées doctorales, 07 – 08 septembre 2015

De 2011 à 2015, le DIM IS2-IT (http://dim-is2it.com/) aura financé 24 bourses doctorales. Afin de faire un état des recherches développées au sein de ce programme régional, le DIM a organisé des journées doctorales qui ont réunies les doctorants bénéficiaires et leurs directeurs d’étude. Les présentations et les discussions ont permis de faire un point sur les travaux développés dans les trois grands axes de recherche du DIM : les processus d’innovation en société, la transformation des régimes et institutions de production de connaissances, la gouvernance globale et les échelles de gouvernement par la science. Les doctorants ont présenté lors de ces journées un projet d’article, un chapitre de la thèse, une enquête, le point sur une question théorique.

Des ateliers ont par ailleurs été organisés pour débattre de questions pertinentes ou de visions prospectives du DIM IS2-IT portant sur l’innovation, les sciences, et les techniques en société, notamment dans le contexte régional francilien.

Lieu : CNAM

Salle des Conseils – Ateliers: Salles 31.2.87 et 35.1.53 (accès 37, 1er étage)

2, rue Conté – 75003 PARIS

(Métro Arts-et-Métiers, lignes 3 et 11)

Programme Journées doctorales 2015 DIM IS2-IT

Axel Lagnau – Doctorant allocataire depuis 2012

Présentation de la recherche :

Construction sociale de l’innovation et de ses marchés dans un monde digitalisé : le cas de la fabrication additive

 

Depuis la fin des années 1970, les pays d’Europe et d’Amérique du Nord sont particulièrement (quoique inégalement) touchés par le phénomène de désindustrialisation. Les secteurs stratégiques du charbon et de l’acier, chers aux pères fondateurs de l’Europe, ne sont plus au cœur de la production de richesse et du marché de l’emploi des pays développés. Certains reconnaissent dans cette tendance le passage vers une société postindustrielle tournée vers la production de connaissances. Selon ces analyses, le déclin actuel de l’industrie dans les pays développés est comparable à celui de l’agriculture au début du XXe siècle. Il annonce des bouleversements majeurs à l’échelle des techniques, des territoires et des sociétés. Critiquée par les défenseurs d’une économie industrialisée, cette tendance est considérée inéluctable – voire souhaitable – par d’autres acteurs. Sur fond de controverse, le secteur manufacturier traverse une période de transition technologique. La mise au point de matériaux novateurs, la production à l’échelle moléculaire et la volonté de respecter des critères de développement durable offrent les signes d’un monde industriel en pleine recomposition, une transition parfois même qualifiée de « troisième révolution industrielle ».

L’émergence des technologies de fabrication additive (FA) s’inscrit dans ce mouvement. L’aboutissement d’une première vague de recherches a souligné le potentiel de nouveautés et de transformations dont elles sont porteuses. Désormais, les technologies de FA débordent du cadre restreint de l’exploration technoscientifique. Une constellation d’acteurs hétérogènes mobilisent les technologies de FA dans des niches marchandes et non marchandes. Cependant, la FA est encore une innovation « en train de se faire » (Latour, 1989). C’est à travers cet objet de recherche instable que la thèse entend étudier la construction sociale de l’innovation et de ses marchés dans un monde digitalisé (construction  de communautés, cristallisation  des rôles et des positionnements d’acteurs, structuration institutionnelle des marchés et stabilisation de la valeur économique et sociale d’une technologie au stade de l’émergence). Il s’agit de cartographier ces dynamiques et de décrire la construction sociale d’une innovation et de ses marchés à travers le cas d’une technologie de rupture potentiellement porteuse de bouleversements majeurs. Ainsi, le sujet de thèse portera sur les modalités du processus d’innovation en aval de l’exploration technoscientifique, autrement dit, la diffusion et l’exploitation de l’innovation dans un monde digitalisé.

 

Directeur de thèse : Philippe Larédo
Laboratoire d’accueil : Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés (LATTS)

Contact: axel.lagnau[at]gmail.com

Margo Bernelin – Doctorante allocataire depuis 2012

Présentation de la recherche :

Légitimité et Bioéthique : L’apport normatif des juges et des agences

Le projet s’intéresse à l’interprétation des normes de bioéthique par les juges  et les agences en charge du contrôle de la recherche sur la personne humaine et sur les  éléments  du  corps  humain  en  France,  au  Royaume-Uni  et  dans  le  droit  de  l’Union  Européenne. Il propose de tirer les conclusions de l’apport normatif de ces deux  acteurs  en  redéfinissant  les  contours  du  concept  de  légitimité  dans  le  droit  de  la  bioéthique.

Cette recherche permettra d’approfondir le droit de la bioéthique sous l’angle de la gouvernance de la recherche, angle peu exploré jusqu’à présent. En particulier, le rôle du juge et des institutions de contrôle comme producteurs de normes reste à défricher. L’analyse comparée des systèmes français et britannique sera, sur ce point, riche d’enseignements. Les conclusions attendues sur le terrain de la légitimité des acteurs seront également déterminantes sur la construction future de la gouvernance de la recherche bioéthique en Europe.

Directrice de thèse : Florence Bellivier
Laboratoire d’accueil : Centre d’études juridiques européennes et comparées (CEJEC)

Contact: mbernelin[at]gmail.com

Jean-François Caremel – Doctorant Allocataire depuis 2012

Présentation de la recherche :

Trajectoires d’une innovation dans la médecine humanitaire transnationale – Dénutrition infantile et Aliments Thérapeutiques et Supplémentés Prêts à l’Emploi

Selon l’OMS et l’UNICEF, la dénutrition aigüe touche plus de 55 millions d’enfants, dont 20 millions dans sa forme la plus grave. Cette pathologie est un co-facteur décisif dans 30 à 50% des décès d’enfants de moins de cinq ans dans le monde, tuant plus que Sida, Paludisme et Tuberculose réunis. Au cours des dix dernières années, la réponse médicale à cette pathologie a connu deux changements de paradigmes majeurs : le passage d’un modèle de soins hospitaliers à une prise en charge ambulatoire et l’émergence de solutions thérapeutique de prévention, primaire et secondaire.

Ce passage d’un modèle « clinique », centré sur la pathologie individuelle, à un modèle de « santé publique», orienté sur un lien population-risque, a permis de démultiplier la prise en charge, comme la prévention, avec des résultats jusqu’alors jamais enregistrés.Cette innovation technique et opérationnelle est normalisée en 2007 dans une déclaration conjointe l’WHO, l’UNICEF et l’HG.

Cette recherche étudiera les éléments et leur dynamique, qui sont une composante d’une nouvelle économie de l’innovation médicale et pharmaceutique qui se déploie dans le cadre d’une « nouvelle écologie institutionnelle » de la santé globale et du médicament. La thèse entend étudier ces dynamiques à partir d’une innovation en cours de déploiement, reposant sur les ATPE/ASPE, objet technique atypique, ni aliment, ni médicament, qui a radicalement fait évoluer le champ de la dénutrition. A travers cet exemple, la recherche contribuera à la socio-anthropologie des innovations et à l’analyse du passage d’innovations de la médecine humanitaire en normes de la médecine transnationale.

L’étude mobilisera des compétences variées dans une approche transdisciplinaire, au carrefour de la sociologie de l’innovation, de l’anthropologie de l’alimentation, du médicament et de la santé, et de l’anthropologie de l’aide humanitaire.

L’analyse portera sur 3 blocs de recherche, en interactions :

(1) le processus long et complexe du développement scientifique, social et politique de la pathologie et de ses réponses,
(2) les modes de socialisation de la pathologie et de ses produits par les actants dans ses multiples arènes,
(3) les controverses politiques et juridiques ainsi que les contraintes économiques et opérationnelles de la mise à l’échelle.

 

Directeur de thèse : Maurice Cassier
Laboratoire d’accueil : Centre de recherche, médecine, sciences, santé, santé mentale, société (CERMES3)

Contact: caremeljf[at]gmail.com

Romain Juston – Doctorant Allocataire depuis 2012

Présentation de la recherche :

Du droit à la science, de la science au droit : Productions et usages de l’expertise judiciaire

Les quelques travaux sociologiques existants sur l’expertise judiciaire ont en commun de citer la définition donnée par P. Fritsh (1985) qui voit dans l’expertise de justice « la rencontre d’une conjoncture problématique et d’un savoir spécialisé ». L’expertise judiciaire serait donc un outil à la disposition du juge pour l’éclairer sur une question technique.

Le point de départ de la thèse consiste à questionner le caractère d’évidence attachée à cette rencontre et à déplacer cette problématique au niveau des deux manières de décider des vérités que sont la science et le droit. En postulant que la rencontre d’un problème et d’un savoir spécialisé ne va pas de soi, on pose en effet la question de la rencontre entre le droit qui qualifie des situations et la science qui produit de l’information (Dupret, 2005). Il faut alors s’intéresser aux processus de traduction de la science vers le droit qui permettent d’expliquer les façons dont les expertises aident la justice, mais également les processus de traduction du droit vers la science, pour mettre au jour les conséquences du cadrage judiciaire sur cette activité scientifique. Pour ce faire, il apparaît heuristique de suivre les experts du laboratoire au tribunal, et avec eux leurs expertises de leur production aux usages auxquels elles donnent lieu. Mais plutôt que de construire l’objet sur ce mode chronologique, on peut le faire à partir de la question de savoir ce que le droit fait à la science et, réciproquement, ce que la science fait au droit.

Directeur de thèse : Jérôme Pélisse et Laurent Willemez
Laboratoire d’accueil : Professions, Institutions, Temporalités (PRINTEMPS)

Contact: romainjuston[at]gmail.com

Hana Sim – Doctorante allocataire depuis 2012

Présentation de la recherche:

Histoire de l’industrie du plutonium : gouverner l’ambiguïté de la technologie

En considérant la dualité de l’industrie du plutonium comme un objet important de gouvernement, ce projet étudiera des  modes de gouvernement en matière nucléaire et leurs étroites relations avec les  organismes internationaux. Ce sujet est en convenance avec le thème de  l’allocation sur deux points : l’interaction entre les échelles internationales et nationales, et l’évaluation des risques lors du transfert technologique entre pays. Depuis son origine, la technologie nucléaire était directement liée à la sécurité nationale et à l’enjeu géopolitique en raison de sa grande capacité destructive. En apparence, il y a une claire tension entre la convergence internationale pour la non-prolifération, et la divergence par la revendication de souveraineté nationale. Pourtant, aussi importante que l’enjeu militaire, la politique de la matière fissile possède une autre dimension : l’enjeu civil. Comme d’autres entreprises, l’industrie nucléaire a tendance à étendre son marché et à faire circuler des biens nucléaires aussi librement que possible. Pour cette raison, l’interaction entre les organismes internationaux et la politique d’un  pays devrait être ré-examinée à partir des différentes façons d’évaluer l’ambiguïté de la  technologie.

La thèse aura pour but d’expliquer cette longue cohabitation du civil et du militaire en prenant pour exemple une série de technologies maniant le plutonium. Comment une technologie associée en même temps aux visions apocalyptiques et utopiques peut-elle être normalisée et gouvernée ? De quelle façon ces caractères  différents sont-ils classifiés et hiérarchisés ? Comment sont-ils influencés par des changements politiques et sociaux ?

Directeur de thèse : Dominique Pestre
Laboratoire d’accueil : Centre Alexandre Koyré

Contact: simhana.france@gmail.com

Thibeau Raphaël – Doctorant allocataire depuis 2012

Présentation de la recherche :

Innovations thérapeutiques : entre dimension technique et sociale de la médecine, entre expertise médicale et implication des patients : la prise en charge des variations du développement sexuel

Ce projet de recherche a pour objet le développement des innovations thérapeutiques  et leur impact sur les prises en charges médicales des variations du développement sexuel.  Les termes de « variations du développement sexuel » ou d’ « intersexuation », aujourd’hui  employés dans le milieu associatif et la recherche sociologique, désignent les conditions de  personnes nées avec des organes génitaux externes, des gonades, un profil hormonal et/ou un  caryotype variant par rapport aux normes sociales définissant les corps femelles et mâles. Ces  conditions, qui concernent entre 2 et 4% des naissances, sont de plus en plus explorées sur le  plan hormonal et génétique, mais nombre d’entre elles confrontent les praticiens à  l’incertitude et à des prises de décision particulièrement complexes.

Ce champ pose des enjeux intimes et sociaux pour les patients, des enjeux éthiques pour le  corps médical, des enjeux culturels et politiques pour la société. Ainsi, la prise en charge hormono-chirurgicale précoce des nouveaux-nés intersexués s’inscrit dans la problématique  plus large des chirurgies correctrices appliquées aux enfants lorsque le pronostic vital n’est  pas en jeu, à un âge où les patients ne sont pas en mesure de donner leur consentement éclairé.

Cette recherche a pour objectif d’apporter une contribution à la manière dont on peut penser l’innovation thérapeutique dans le cas de pratiques socialement problématiques.
Comment les innovations techniques et sociales se développent-elles et transforment-elles les prises en charge ? Se traduisent-elles par un changement dans les attentes et dans la satisfaction des patients ?

Directeur de thèse : Ilana Löwy
Laboratoire d’accueil : Centre de recherche, médecine, sciences, santé, santé mentale, société (CERMES3)

Contact: r.thibeau[at]orange.fr

Mady Malheiros Barbeitas – Doctorante allocataire depuis 2013

Présentation de la recherche :

Les dispositifs d’innovation pour les leishmanioses au Brésil : une nouvelle voie pour la mise au point des médicaments et des vaccins pour l’une de maladies les plus négligées dans le monde.

Les maladies négligées sont définies comme des maladies tantôt mortelles, tantôt débilitantes, se caractérisant principalement par un manque de traitement(s) adapté(s) qui est à mettre sur le compte de l’absence de débouchés commercialement rentables. Autrement dit, les laboratoires pharmaceutiques ont délaissé la mise au point de traitements destinés aux populations défavorisées des pays en développement, s’intéressant plutôt aux traitements qui ont la cote auprès des marchés plus rentables.

Les leishmanioses figurent ainsi dans la liste des maladies négligées, dans la mesure où  ce groupe de maladies touche particulièrement les populations pauvres et démunies, issues de nombreux pays peu développés. Au Brésil les leishmanioses constituent un problème de santé publique majeur, et ce, pour deux raisons principales : eu égard à l’énorme variété de profils épidémiologiques et à une récente expansion vers les différentes régions brésiliennes, il s’agit d’une maladie très difficile à contrôler, qui touche un nombre toujours plus grand de personnes et d’animaux ; ensuite, s’ajoute à cette difficulté de contrôle la difficulté de traitement, qui relève de la pénurie de bons médicaments.

La mise en valeur des maladies négligées et la rentrée de cette catégorie dans la scène politique mondiale a encouragé la création des nouveaux dispositifs pour le développement de médicaments et de vaccins, notamment dans les pays du Sud. Ces dispositifs reposent sur un modèle de développement technologique partagé d’une part entre le Nord et le Sud, d’autre part entre le secteur public et le secteur privé. Ce modèle est connu par le sigle PDP (partenariat pour le développement de produit). Les PDPs favorisent la mise en œuvre des projets, accélérant ainsi le passage de la phase expérimentale à la phase d’utilisation thérapeutique. La création de PDPs pour les leishmanioses au Brésil est inscrite dans le plan national de santé publique. Il s’agit d’une nouvelle stratégie du Gouvernement pour sortir de la dépendance technologique envers le Nord. Cela s’inscrit dans la nouvelle géographie de l’innovation.

Directeur de thèse : Maurice Cassier
Laboratoire d’accueil : Centre de Recherche Médecine, Science, Santé, Santé Mentale (CERMES3)

Contact: mady.unb[at]gmail.com

Benjamin Raimbault – Doctorant allocataire depuis 2013

Présentation de la recherche :
Caractérisation de l’émergence d’une discipline technoscientifique et de son environnement associé : la biologie de synthèse

Sa thèse porte sur l’émergence d’une discipline techno-scientifique. Dans ce travail, il fait l’hypothèse que la biologie de synthèse est une discipline émergente dont les pratiques, les organisations sociales, les applications, les légitimations, les perceptions, et les contestations se stabilisent autour de différentes modalités de « prises sur le futur » (Chateauraynaud ; 2013). En résumé, il s’agit non pas de caractériser la science « faite », mais la science « en train de se faire » présentée et légitimée comme « la science qui se fera ». L’originalité de ce travail consiste à focaliser notre attention sur l’imaginaire mobilisé dans ces « prises sur le futur ».

Directeur de thèse : Pierre-Benoît Joly
Laboratoire d’accueil : Unité SenS de l’INRA

Contact : raimbault.benjamin[at]gmail.com

Victor Geneves – Doctorant allocataire depuis 2013

Présentation de la recherche :

Vérité et Neurodétection : de la science à la responsabilité juridique

Ce projet permettra d’approfondir les questions que posent aujourd’hui le développement des neurosciences et des techniques de neurodétection sous l’angle de leur régulation et des questions de droit qu’il pose.

Directrice de thèse : Stéphanie Lacour
Laboratoire d’accueil : Institut des Sciences sociales du Politique (ISP)

Contact : victor.geneves[at]hotmail.fr

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